Les murs en pierre de taille des immeubles sont soumis aux agressions extérieures naturelles ou anthropiques causant des altérations de la pierre parfois irréversibles. À partir des années 70, la nécessité de conserver les édifices en pierre a permis la mise au point de nouvelles techniques de conservation qui ne cessent de progresser.
L’altération de la pierre : les causes
L’humidité
L’humidité est la principale cause d’altération : la pierre d’origine minérale contient une solution saline qui sous l’effet de l’humidité peut se cristalliser ou se dissoudre. Le ruissellement ou les pluies battantes par nature acide peuvent engendrer une dissolution d’une partie des sels contenus dans la pierre (le carbonate de calcium) laissant apparaître des zones blanches. En milieu urbain, la condensation ajoutée à la pollution peut être à l’origine de zones grisées ou noires sur la pierre. Les températures froides associées à l’humidité peuvent entraîner une cristallisation des sels formant des efflorescences ou des croûtes. Les cycles gel/dégel peuvent altérer durablement la pierre : décollement par plaques de la pierre (délitage, desquamation).
Les remontées capillaires ou remontées d’eau en provenance du sol peuvent être à l‘origine de multiples désordres tels que les fissures. Ces altérations sont dues à l’eau qui par un effet de capillarité va imbiber la pierre. L’humidité ascensionnelle sur une façade en pierre se caractérise par des traces d’humidité partant du bas vers le haut jusqu’à 1,50 m de hauteur. Les remontées capillaires peuvent provoquer une désagrégation sableuse formant des creux de quelques millimètres sur la pierre.
L’air et la pollution atmosphérique
Le vent peut détériorer la pierre en la creusant.
Le développement des bactéries, lichens et algues est favorisé par l’humidité de la pierre. Les bactéries, les champignons et les algues se constituent d’acides ou en produisent en contact avec la pierre qui l’endommagent (salpêtre, dissolution des sels, etc.).
La pollution atmosphérique est à l’origine de nombreuses altérations de la pierre : elle charge les pluies en acides qui endommagent la pierre, le dioxyde de carbone en contact avec le calcaire de la pierre dissout les sels et engendre une desquamation.
Les interventions humaines peuvent également être source de dommages : réparations inappropriées, construction sur un sol instable, matériaux utilisés inadaptés (mortier ciment au lieu d’un mortier à la chaux par exemple).
L’altération de la pierre : les mesures préventives
Un mur ou un ouvrage en pierre doit être régulièrement entretenu. La couverture et les systèmes d’évacuation des eaux pluviales (gouttières, systèmes de drainage) doivent être contrôlés régulièrement afin d’éviter les infiltrations et les ruissellements à l’origine de nombreux dommages.
Les enduits éventuellement appliqués doivent laisser la pierre respirer afin de favoriser le transfert de l’humidité (par l’application d’un mortier avec un liant hydraulique, par exemple).
L’altération de la pierre : les traitements
Le traitement appliqué dépend de la nature des détériorations.
Les dépôts sur la pierre causés par la pollution, la poussière et la présence de végétaux sont retirés en procédant à un nettoyage. Celui-ci se réalise soit par nébulisation (brume) et projection d’eau à faible pression, soit par cataplasme ou en ayant recours à un nettoyage mécanique (hydrogommage).
Les graves détériorations ou altérations nécessitent une consolidation de la pierre. Les produits utilisés sont appliqués localement, sur la zone abîmée par pulvérisation, à la brosse ou au pinceau. Le traitement le plus répandu est le silicate d’éthyle.
En termes de coût, il faut compter entre 10 € et 15 € le m² pour un traitement par consolidation et entre 3 € et 5 € pour les traitements visant à nettoyer la pierre.