Le verbe « araser » signifie mettre à ras, aplanir, lisser. L’arase est un terme souvent employé en maçonnerie. On l’utilise aussi bien en début qu’en fin de construction. L’arase est requise pour le terrain, mais aussi pour les fondations, les pignons et le faîtage, avec pour chaque application une utilité et des façons de faire différentes. Comment faire une arase de maçonnerie et avec quelles techniques et quelles précautions ? Que faut-il savoir avant d’entamer ou de terminer une arase de fondation, d’assise, de pignon, de mur ou de muret ? Réponse dans ce zoom.
Différents types d’arases
On peut déterminer plusieurs types d’arases selon le support et sa destination.
Arase de terrassement
Avant même d’envisager une construction (maison, route…), l’arase de terrassement est la mise à niveau du terrain, afin que la surface qui recevra l’édifice soit horizontale.
L’arase de terrassement va comprendre des opérations d’excavation (décaissage) en amont et des opérations de remblai en aval, afin de réduire puis de neutraliser la pente d’un terrain.
Arase de fondations
Les fondations étant coulées dans une tranchée pratiquée dans le sol, c’est le béton servant aux fondations qui doit servir de support d’arase, afin d’y dresser un mur parfaitement horizontal, que ce soit avec des parpaings en ciment, des briques, des parpaings en bois, etc.
Dans le cas où une dalle doit être coulée sur les fondations, l’importance de l’arase est moindre du moment que la dalle peut être coulée parfaitement plane.
Arase d’assise
À chaque pan de mur dressé, dés lors que celui-ci doit supporter un niveau supplémentaire, il est important de s’assurer que l’horizontalité de l’étage sera respectée sur tout le périmètre.
Dresser une arase d’assise permet de reprendre les éventuels défauts de planéité de la construction inférieure, afin de ne pas amplifier d’éventuelles dérives, mais au contraire de les corriger.
Arase de faîtage
Sur un mur ou un muret, l’arase constitue un revêtement final qui assurera la finition et l’imperméabilité entre les matériaux (parpaings, pierres…), afin que les éléments naturels et les piétinements ne viennent pas dissocier la construction.
En faîtage d’un mur porteur (pignon), l’arase assure le support des éléments de la charpente qui sera posée.
Techniques de l’arase et précautions à prendre
Les différentes arases sont effectuées et contrôlées selon différentes techniques en fonction de la nature de l’élément à araser, mais aussi de sa superficie.
Arase de terrassement
L’arase de terrassement, qui s’effectue sur de grandes surfaces de sol, se fait à la nivelle par un géomètre ou un technicien topographe, qui mesure au millimètre près l’horizontalité d’un terrain à l’aide de son niveau topographique, de règles et de mires.
Arase de fondations
L’arase de fondations s’effectue en béton (béton hydrofuge fortement dosé en zone de sismicité 3 et 4) avec un chaînage continu (ferraillage solidaire), afin d’obtenir un bloc périphérique cohérent constituant le squelette de toute construction.
On peut effectuer des arases coffrées ou coulées dans des parpaings en forme de U, en vérifiant au préalable la planéité parfaite des coffrages ou des U.
Arase d’assise ou de pignon
L’arase d’assise ou de pignon sera réalisée en béton ferraillé, tout comme l’arase de fondations, soit par coulage dans des parpaings en U, soit par coffrage.
Le ferraillage continu (chaînage) de l’arase d’assise est conseillé, afin de renforcer la liaison entre les niveaux d’une construction à étages.
Arase de faîtage
L’arase de faîtage peut être faite soit en béton, soit au mortier, en fonction de la nature du matériau avec lequel a été monté le mur.
Pour du parpaing ou de la brique, on privilégie le béton, alors que la pierre réclame plutôt un mortier, voire un mortier bâtard comprenant de la chaux.
Il est à noter que l’arase ne fait pas tout. Une arase de pignon pour recevoir une toiture à pente(s), tout comme une arase de faîtage d’un mur ou d’un muret en pente ne peut donner seule l’angle souhaité avec la solidité attendue.
Une arase de pignon ou une arase de mur en pente doit se faire sur des éléments taillés (parpaings, briques…) à l’angle voulu, l’arase ne venant qu’en finition sans modifier la forme.