Un appareil est l’ensemble des dispositions, des choix et des techniques de mise en œuvre prises en amont d’un chantier pour établir un dessin précis de l’assemblage des maçonneries en vue de la construction d’un mur, d’une paroi, d’un soubassement ou d’un mur de soutènement. Dans cet article, nous vous détaillons les différents types d’appareillage !
Appareillage : caractéristiques du dispositif
Définition
L’appareillage est un montage de murs à simple, double ou paroi composite avec des blocs de béton légers, des pierres naturelles, des briques en terre cuite ou des blocs de béton expansés et cellulaires.
Le choix de la structure de parement revient à l’architecte qui pose le cas échéant l’architecture de la façade, les effets attendus ainsi que les techniques possibles.
L’exécution d’un ouvrage nécessite de maîtriser les techniques constructives :
- les effets de tassement liés à la succession de blocs ;
- les tolérances en terme de jointements qui garantissent la bonne tenue des ouvrages ;
- le choix des mortiers de pose qui nécessitent des durées de prises variables.
Afin d’éviter des désagréments majeurs tels que des affaissements partiels ou des effondrements, nous vous recommandons fortement de recourir à des entreprises de construction.
Les différents types d’appareillage
Ils sont conditionnés par la nature du matériau mis en œuvre, les effets esthétiques et structurels attendus ainsi que la destination de l’ouvrage.
Néanmoins, deux facteurs importants désignent clairement un type de l’autre : il s’agit de l’appareillage destiné au montage de murs en pierre et celui à l’édification des parois en brique.
Le choix de l’appareillage implique une exploitation locale des matériaux et une prise en compte de l’environnement. Ainsi, il vous sera possible, lorsque vous traversez plusieurs régions de France, de remarquer des typologies d’habitat et des atmosphères diverses et variées.
Par exemple, l’ambiance caractéristique des maisons du nord de la France, avec la forte présence de la brique rouge, provient de l’exploitation de carrières de terre cuite et d’argile, ou encore certaines constructions en galets dans des sites balnéaires.
Nous traiterons dans ce qui suit les différentes techniques liées à ces types.
Les appareillages en pierre
Il existe des dizaines de moellons entrant dans la composition des structures d’appareillage. Qu’il soit en schiste, en grès, en calcaire ou en granit, l’ouvrage en pierre et sa mise en œuvre doivent respecter une méthode précise et ancestrale. L’artisanat a en effet beaucoup apporté à nos méthodes d’aujourd’hui qui s’en inspirent globalement.
Précautions à prendre
Les technologies nouvelles prennent de plus en plus de place dans l’exercice du métier d’appareilleur et tendent à se substituer au cordeau (ficelle qui est fixée d’un angle à l’autre d’une paroi pour égaliser et mettre à niveau le processus de construction) ou à l’aplomb (première assise, aplanie et rigidifiée pour accueillir l’appareillage).
Des instruments dotés de fuseaux laser permettent, à titre d’exemple, à un maçon de gagner du temps et de la productivité dans son chantier.
Cependant, une construction répond à un certain nombre d’étapes :
- préparation de l’arase qui consiste à égaliser la première assise du sol ;
- pose de pierres d’angles, de formes planes et grandes, pour constituer l’aplomb du mur ;
- mise en œuvre des pierres horizontalement (en longueur) ;
- tassement des pierres et maintien des joints pour un rembourrage en mortier ;
- respect des tolérances de retrait (contre les effets d’évasement ou de non alignement).
L’appareillage en mosaïque moderne
Il consiste en la pose aléatoire des moellons de formes diverses et suivant leurs axes privilégiés. Le but étant de donner un aspect désordonné à l’ouvrage, mais résistant et structurel.
Ce genre d’ouvrage peut être destiné à des murs de soutènements, les soubassements de grandes bâtisses mais aussi à certaines parois épaisses.
L’appareillage en mosaïque brouillée
Cet appareillage tire son nom de l’aspect final de la réalisation. Il donne à voir une géométrie très irrégulière de moellons très variable et présentant des pointes et des équerres à leur extrémité.
De même, on n’accordera aucune importance à l’ordre de pose ni aux croisements des pointes. Par contre, les jointements seront équilibrés sur l’ensemble de la composition.
L’appareillage en mosaïque rayonnante
C’est la version en mosaïque qui présente l’aspect d’une ruche d’abeilles. Partout, les formes polygonales des moellons se retrouvent sur leurs petites dimensions qui, dans ce cas précis, doivent être choisies et retravaillées au besoin pour donner une homogénéité à l’ensemble.
L’appareillage à assise régulière
La structure des moellons est ici à angle droit voire en bandeaux et à dimensions variables (dans le sens horizontal uniquement).
Cet appareillage nécessite une grande maîtrise des techniques constructives. En effet, en plus de la régularité des assises, les joints et les formes doivent être continus, équilibrés et harmonieux (moins de 1,5 cm).
C’est le procédé le plus répandu dans le domaine de la construction et il est notamment destiné à l’édification de toutes parois structurelles.
Les appareillages en brique
Les appareillages en brique sont très variés et sont pour la plupart issus de techniques ancestrales de compositions de façade. Les méthodes exigent une connaissance des procédés typiques et des techniques de coupe. La liste n’est pas limitative (appareillage norvégien, gothique, à la grecque…).
Ce sont les dispositifs les plus utilisés dans la construction du fait de leur faible coût, mais aussi pour la simplicité de la mise à l’œuvre. En effet, les appareillages en pierre nécessitent de posséder davantage d’expérience et de savoir-faire.
Appareillage sauvage
La construction du mur est laissée au libre choix du maître d’ouvrage ou par délégation à l’entrepreneur. Il consiste en un montage de briques de dimensions variables sans pour autant déstabiliser la résistance de l’ensemble (la plus petite dimension doit être supérieure au quart d’une brique).
Appareillage flamand
C’est un procédé répandu dans la région flamande (nouvelle région des Hauts de France et de Belgique) d’où il tire son nom. La technique est spécifique mais pas complexe et consiste en la pose alternée d’une boutisse (brique mise en façade sur son petit côté) et d’une panneresse (
Il en résulte également une croix dans les entrecroisements et un aspect d’une composition chaînée.
Appareillage en croix
Le principe est que l’appareillage forme, par l’entrecroisement des briques dans les boutisses et les panneresses, le dessin d’une croix. Le concept est simple : en alternant des rangées successives de boutisses et de panneresses, on obtient le dessin attendu sur la maçonnerie grâce à des joints décalés.