Afin de créer un plancher, il est nécessaire de suspendre à la construction un cadre sur lequel seront fixées les solives et lambourdes qui le constitueront. Ce sont des poutres porteuses qui sont alors disposées de telle façon qu’elles supportent la charge. La poutre porteuse placée à l’extrémité du cadre est appelée poutre de rive ou muralière selon son mode de fixation à la structure.
Qu’est-ce qu’une poutre de rive ?
On appelle poutres de rives celles qui forment la périphérie d’un plancher (le cadre le plus extérieur) sur une structure à piliers porteurs, y compris pour une charpente ou une terrasse. En général les poutres de rives sont alors des portées horizontales entre deux ou plus piliers verticaux maçonnés en bois ou en acier.
Dans le cas où la périphérie du plancher est fixée latéralement à une ou plusieurs parois porteuses, la poutre de rive est le plus souvent appelée poutre muralière puisque sa fixation se fait le long d’un mur.
Rôle des poutres de rive
Le rôle des poutres de rive est d’assurer la périphérie du cadre lourd dans lequel seront disposées les solives de doublage (intermédiaires entre les poutres de rive ou muralières) puis les lambourdes afin de créer le support des dalles, panneaux de doublage ou lattes du plancher. Si les solives et lambourdes doivent juste recevoir la charge d’usage du plancher (occupants, mobilier…), les poutres de rive assurent non seulement la charge totale du plancher (structure + charge d’usage), mais aussi un maintien structurel au sein de la construction proprement dite (renfort et cohésion anti-écartement des murs, piliers et solives). C’est pour cette raison que les poutres de rive et les poutres muralières doivent être intimement scellées ou fixées aux parois et supports verticaux, notamment dans le cadre d’une construction parasismique.
Les différentes poutres employées en poutres de rive
C’est en fonction du type de construction (maison bois, maison maçonnée, édifice tertiaire…) et de la charge prévue sur le plancher que l’on choisit le matériau d’une poutre de rive, ses dimensions et performances, ainsi que son mode de fixation.
Les poutres de rive devant être placées en sustentation sur des piliers verticaux (piliers béton ou ossature bois) doivent avoir une importante résistance à la flexion qu’il est indispensable de dimensionner en fonction de la portée entre deux piliers d’extrémité et/ou supports intermédiaires. Les matériaux les plus couramment employés sont alors les poutres en acier (type IPE, IPN, UAP…), les poutres en béton préfabriqué généralement maintenues par clavetage, mais aussi les poutres en bois massif ou lamellé-collé, voire les poutres composites.
Les poutres de rive fixées au(x) mur(s) périphérique(s) sont généralement scellées sur toute leur longueur en reposant également en plus sur corniche, étriers ou corbeaux. Pour des raisons de dilatation diverse des matériaux, on choisit généralement la poutre muralière en bois massif ou lamellé-collé, voire en béton.
Mise en œuvre d’une poutre de rive ou d’une muralière
C’est selon le type de pose et le matériau de la poutre de rive qu’on applique la technique de mise en œuvre requise.
En béton armé
Les poutres de rive en béton armé peuvent être posées sur les piliers béton avant d’être clavetées ou brochées avec obligatoirement un étaiement. Pour mémoire, la poutre suspendue uniquement maintenue par les aciers en chapeaux ne peut être employée comme poutre de rive. De plus, son utilisation est interdite en construction parasismique.
En acier
Les poutres de rive en acier sont généralement maintenues avec des platines d’about débordantes, que ce soit avec les piliers porteurs en acier ou au travers de parois maçonnées. À noter qu’en raison des contraintes de dilatation et notamment en cas d’incendie, les extrémités des poutres en acier se voient alors adjointes un fourreau composite bois/métal.
En bois
Les poutres de rive en bois massif ou en lamellé-collé, ainsi que les poutres de rive constituées de lisses réunies par entretoises ou les poutres composites sont boulonnées par platines sur les corniches et piliers ou sur les corbeaux (poutre muralière), voire au travers du mur porteur par tire-fonds.
Exemple : NF DTU 31.1 « Charpente en bois », NF DTU 31.2 « Construction de maisons et bâtiments à ossature en bois », NF DTU 32.1 « Charpente en acier », DTU 21 « Exécution des ouvrages en béton ».